Quand les émotions s’accumulent et que l’on continue malgré tout, le corps peut nous alerter. Comprendre le lien entre hypersensibilité, émotions et corps.

Quand le corps parle : hypersensibilité, émotions et signaux du corps

Quand le corps commence à parler à ta place

 

Et si ton corps essayait de te dire quelque chose que tu n’arrives pas à entendre ?

Cette question, je ne me la pose pas uniquement en tant que thérapeute holistique ou parce que j’accompagne aujourd’hui des personnes sensibles et hypersensibles.

Je me la pose au quotidien parce que je suis une hypersensible.

Et parce que pendant longtemps, j’ai été cette guerrière hypersensible qui luttait contre son hypersensibilité au lieu de l’accepter pleinement.

Celle qui ressentait énormément… mais qui avait surtout appris à minimiser ses ressentis pour pouvoir tenir et m’adapter à un monde conditionné.

 

Je suis hypersensible mais j’ai appris à ne pas m’écouter

J’ai été infirmière pendant quinze ans. Et lorsque je repense à certaines journées de travail, notamment aux urgences, je revois très bien cette version de moi.

Mon corps envoyait pourtant des messages extrêmement simples : j’ai soif, j’ai faim, j’ai besoin d’aller aux toilettes, je suis fatiguée.

Et ma réponse était presque toujours la même : « Encore un peu, sois patiente. Tes patients ont besoin de toi. Tu boiras plus tard. Tu mangeras après. Tu iras aux toilettes quand tu auras terminé. »

Encore un patient. Encore un soin. Encore quelques minutes.

Il y avait toujours quelque chose qui semblait plus important que moi.

Et dans ce métier où nous prenons soin des autres, repousser ses propres besoins peut presque finir par devenir normal. C’est presque celle ou celui qui écoute ses besoins qui passe pour « un mauvais soignant ».

Je pouvais être extrêmement attentive à la douleur, à la fatigue ou aux besoins d’une personne devant moi… tout en étant capable d’ignorer complètement les miens. Tout un paradoxe !

 

Quand être forte devient une manière de se couper de soi

Avec le recul, je ne considère pas du tout avoir fait un burn-out. Ce que je perçois aujourd’hui est différent.

Je crois que j’ai surtout appris toutes ces années d’infirmière à lutter contre mon propre fonctionnement. J’étais hypersensible, mais je vivais comme si je ne l’étais pas.

Je ressentais beaucoup, mais je continuais. J’étais fatiguée, mais je continuais. Par moments, mes émotions débordaient pour un détail sans importance. Je tenais beaucoup toute la journée mais le soir je m’effondrais.

Mon corps demandait quelque chose, mais ma tête répondait :  » Tu peux encore tenir. »

Et elle avait raison, je pouvais tenir. C’est justement là toute la subtilité.

Parce que lorsque nous sommes capables de tenir longtemps, nous pouvons croire que tout va bien.

Jusqu’au jour où nous réalisons que la vraie question n’était peut-être pas : « Est-ce que je peux encore tenir ? » mais : « Pourquoi est-ce que je m’oblige à tenir et lutter en permanence ? »

Des années plus tard, mon corps me rappelle encore cette leçon

Je pourrais te raconter cette histoire comme appartenant à une ancienne Floriane, l’infirmière, la guerrière, celle qui ne savait pas encore vraiment écouter son hypersensibilité.

Sauf que nos fonctionnements ne disparaissent pas simplement parce que nous en avons pris conscience.

Et j’ai eu un rappel récemment. Quelques jours après mon anniversaire, j’étais fatiguée. Mon corps me le disait mais j’avais envie de faire plaisir. Et puis j’avais commencé quelque chose dans le jardin.

Or, lorsque je commence quelque chose, j’ai parfois cette tendance à vouloir aller jusqu’au bout.

Alors j’ai continué. Encore un peu. Tiens… Encore un peu. Finis ce que tu as commencé!

Exactement comme autrefois.

Le décor avait changé. Je n’étais plus aux urgences. Je n’avais plus ma blouse d’infirmière mais quelque chose en moi connait parfaitement ce fonctionnement.

Faire. Donner. Faire plaisir. Terminer. Et repousser encore un peu la fatigue et les messages du corps…

Cette fois, mon corps a fini par m’arrêter complètement et j’ai même été ramenée à voir mes anciennes collègues des urgences.

Et cela m’a rappelé quelque chose d’essentiel : avoir conscience de son hypersensibilité ne signifie pas que nous ne retombons jamais dans nos anciens automatismes.

Cela signifie simplement que nous apprenons à les reconnaître de plus en plus tôt.

Quand nous voulons tellement donner que nous finissons par nous oublier

Je retrouve souvent ce mécanisme chez les personnes sensibles que j’accompagne. Peut-être la connais-tu, toi aussi ?

Cette capacité incroyable à donner, à être disponible, à anticiper les besoins des autres, à faire plaisir, à prendre soin, à rassurer.

Et parfois à continuer bien après le moment où quelque chose à l’intérieur de toi a commencé à dire stop. Ce n’est pas nécessairement parce que tu ne ressens pas tes limites.

Paradoxalement, tu peux même les ressentir très fortement, mais peut-être as-tu appris à passer par-dessus.

Parce qu’il faut terminer. Parce que quelqu’un compte sur toi. Parce que tu ne veux pas décevoir. Parce que tu peux encore faire un effort. Parce que tu as envie de faire plaisir. Parce que tu t’es engagé(e).

Et petit à petit, prendre soin des autres peut devenir une manière de ne plus prendre soin de toi.

 

Le corps ne commence pas par crier

Quand on parle du corps qui « dit stop », on imagine notamment un événement spectaculaire.

Pourtant, ton corps commence souvent beaucoup plus doucement par te murmurer.

J’ai soif. J’ai faim. Je suis fatigué(e). J’ai besoin de silence. Cette situation me tend. Cette personne m’épuise. Je n’ai pas envie d’y aller. J’ai besoin d’être seul(e). J’ai besoin de ralentir.

Ces messages peuvent paraître anodins comme ça, mais apprendre à écouter ton corps commence précisément ici.

Ce sont toutes ces petites informations du quotidien que tu as pris l’habitude de ne plus écouter.

Hypersensibilité : et si le problème n’était pas de ressentir trop ?

Pendant longtemps, j’ai cru qu’il me fallait maîtriser ma sensibilité. Aujourd’hui, je la regarde différemment. Être hypersensible ne signifie pas être fragile.

Cela signifie peut-être d’avoir des sens « hyperdéveloppés ».

Cela peut notamment se manifester par une perception plus intense de certains stimuli, une grande réactivité émotionnelle, beaucoup d’empathie ou un besoin plus important de récupération.

La difficulté apparaît lorsque tu essaies constamment de fonctionner à contresens de ce que tu ressens :

  • Lorsque tu t’imposes le même rythme que les autres.
  • Lorsque tu minimises ta fatigue.
  • Lorsque tu considères tes besoins comme secondaires.
  • Lorsque tu attends d’être complètement vidé(e) pour t’autoriser à t’arrêter.

Et finalement, ce n’est pas ton hypersensibilité qui t’épuise le plus, c’est la lutte permanente que tu mènes contre elle.

Le corps comme messager, pas comme diagnostic

Lorsque je parle d’écouter son corps, je tiens néanmoins à apporter une nuance importante.

Un symptôme physique n’a pas systématiquement une origine émotionnelle et il est important de consulter un professionnel de santé lorsqu’un symptôme apparaît, persiste ou t’inquiète.

Mon propos est ailleurs. Ton corps fait partie de toi. C’est ton précieux véhicule sur Terre.

Il t’informe constamment de ton état de fatigue, de tension, de stimulation ou de récupération.

Et apprendre à revenir à toi, c’est aussi réapprendre à entendre ces informations avant de dépasser tes limites.

 

Et si tu changeais simplement la question ?

Aujourd’hui encore, je peux entendre cette petite voix qui me dit : « Allez, encore un peu. »

La différence, c’est que j’essaie de lui répondre autrement. Pas toujours je te l’avoue. Je suis humaine comme toi, mais de plus en plus souvent.

Alors plutôt que de me demander : « Est-ce que je peux encore tenir ? »

j’essaie de me demander : « Est-ce que j’ai vraiment besoin de continuer ? »

Ou encore : « Qu’est-ce qui serait juste pour moi maintenant ? »

 

C’est aussi ça pour moi de revenir à soi en douceur.

  • Ce n’est pas ne plus jamais dépasser tes limites.
  • Ni de devenir parfaitement à l’écoute de toi.

C’est simplement arrêter de considérer ton corps comme celui qui t’empêche… et commencer à entendre qu’il essaie parfois juste de te protéger.

 

🎙️ Pour aller plus loin : écoute Le Fil de Floriane

C’est justement de cette « guerrière hypersensible » et de mon rapport au corps que je parle plus intimement dans l’épisode du podcast Le Fil de Floriane intitulé :

« Quand le corps commence à parler à ta place »

J’y raconte ces souvenirs d’infirmière, mais aussi ce moment beaucoup plus récent où mon corps est venu me rappeler que l’on peut avoir fait beaucoup de chemin… et continuer presque de manière inconsciente à retomber dans de vieux schémas de fonctionnement pour faire plaisir.

👉 Écouter l’épisode « Quand le corps commence à parler à ta place »

Est-ce que tu te reconnais dans ce fonctionnement ?

Peut-être es-tu, toi aussi, cette personne qui tient. Celle sur qui l’on peut compter. Celle qui donne beaucoup. Celle qui ressent énormément, mais que les autres imaginent parfois très forte.

Et peut-être attends-tu souvent d’être à bout pour t’autoriser à ralentir ou demander de l’aide ?

C’est notamment autour de ces fonctionnements que j’accompagne aujourd’hui les personnes sensibles et hypersensibles, en tant que thérapeute holistique et numérologue à Toulouse et à distance.

Un accompagnement pour t’aider à mieux comprendre ton fonctionnement, tes émotions et tes besoins, et apprendre peu à peu à ne plus t’oublier au milieu de tout ce que tu donnes aux autres.

👉 Découvrir mon accompagnement individuel

 

🎙️ Retrouve tous les épisodes ici : Floriane DESPIS : Numérologue Hypersensible – YouTube

Peut-être que ta sensibilité n’attend pas d’être apaisée, mais simplement d’être écoutée.


Floriane 🌻

𝑹𝒆𝒗𝒆𝒏𝒊𝒓 𝒂̀ 𝒔𝒐𝒊, 𝒆𝒏 𝒅𝒐𝒖𝒄𝒆𝒖𝒓

 

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