Pourquoi les personnes fortes demandent-elles de l’aide trop tard ?

Pourquoi est-il si difficile de demander de l’aide quand on a toujours été fort ? Hypersensibilité, autonomie, suradaptation et peur de déranger.

Pourquoi les personnes les plus fortes demandent-elles de l’aide trop tard ?

 

« Ça va aller. » ; « Je vais me débrouiller. » ; « Il y a pire que moi. » ; « Je n’ai pas envie de déranger. » ;  « Je vais y arriver toute seule. »

Je connais bien ces phrases, parce que pendant très longtemps, j’ai été cette personne.

Celle qui tenait, celle qui trouvait des solutions, celle qui encaissait, celle qui était prête à aider les autres mais qui ne demandait rien quand elle avait besoin.

Et avec le recul, je m’interroge : Et si les personnes que l’on croit les plus fortes étaient parfois celles qui avaient le plus de mal à demander de l’aide ?

 

Quand être forte devient une identité

J’ai longtemps été une guerrière parce que je choisissais de l’être.

J’ai travaillé pendant quinze ans comme infirmière. Ce métier m’a appris à prendre soin, à gérer des situations difficiles, à faire face à l’urgence, à trouver des solutions.

Je faisais pareil dans ma vie personnelle. J’ai traversé des périodes où il m’a fallu tenir bon, avancer, continuer; alors j’ai continué.

J’ai développé une grande autonomie, une capacité à rebondir, à chercher des solutions, me réinventer, comprendre, avancer même quand je ne voyais plus d’issues.

Et toutes ces qualités me servent encore aujourd’hui mais il existe une frontière parfois très fine entre :

« Je suis capable de faire seule » et « Je dois faire seule. »

Pendant longtemps, je ne l’ai pas vraiment vu la différence.

 

Pourquoi demander de l’aide peut être si difficile parfois ?

Nous imaginons que demander de l’aide est naturel lorsque nous allons mal.

Ça ne l’est pas la cas pour tout le monde. Pour certaines personnes, et notamment certaines personnes très sensibles, demander de l’aide signifie d’abord : « Là, je n’y arrive plus seule. »

Et lorsque nous avons construit une partie de notre identité autour de notre capacité à tenir, cette phrase peut être très inconfortable.

Alors nous attendons, nous essayons encore une solution puis une autre. Nous réfléchissons. Nous analysons. Nous sur-analysons très souvent. Nous cherchons à tout comprendre. Nous minimisons aussi ce que nous traversons. Et surtout, nous nous comparons.

« D’autres vivent des choses beaucoup plus difficiles. Je ne peux pas me plaindre »

Comme si la souffrance avait besoin d’atteindre un certain niveau pour mériter d’être entendue.

 

« Je ne veux pas déranger »

J’ai très souvent entendu cette phrase que je connais bien : « Je ne veux pas déranger. »

Lorsque nous sommes très attentifs aux autres, nous avons cette capacité à anticiper facilement ce que notre demande va provoquer chez eux.

Est-ce qu’il ou elle a le temps ?

Est-ce que je ne vais pas être une charge de plus dans sa vie ?

Est-ce que mon problème est suffisamment important ?

Est-ce que je ne devrais pas réussir à régler ça toute seule plutôt que demander de l’aide ?

Alors parfois, plutôt que de risquer de prendre trop de place, nous n’en prenons plus du tout.

Nous restons disponibles pour écouter les autres pendant des heures, mais lorsqu’il s’agit de nous, là il n’y a plus personne.  Nous pouvons machinalement répondre : « Non non, ça va. »

Alors qu’au fond ça ne va pas vraiment mais nous aimerions oser demander de l’aide.

 

L’hypersensible sait parfaitement s’adapter

L’image que nous avons de l’hypersensibilité est parfois très éloignée de cette réalité.

Nous imaginons le plus souvent une personne fragile, très émotive, qui montre ce qu’elle ressent.

Pourtant, certaines personnes hypersensibles sont devenues extrêmement fortes.

Elles ont appris à observer, à anticiper, à s’adapter, à contrôler leurs émotions lorsqu’elles sont avec les autres, à prendre sur elles, à faire ce qu’il faut pour s’adapter, à être fiables, à être celles sur qui l’on peut compter.

Mais parfois, cette force visible masque un monde intérieur beaucoup plus intense et fragile.

Ce n’est donc pas parce qu’une personne paraît solide qu’elle n’a pas besoin de soutien.

Parfois, c’est même précisément parce qu’elle a toujours été solide qu’elle ne sait plus comment dire : « J’ai besoin d’aide. »

 

Demander de l’aide avant d’être au bout

Pendant longtemps, j’ai attendu d’être vraiment en difficulté avant de demander de l’aide.

Comme s’il fallait que j’ai épuisé toutes les possibilités pour oser demander.

Comme si demander de l’aide était la dernière option dans mon esprit.

Aujourd’hui, j’essaie d’envisager les choses autrement, même si ce n’est pas évident puisque que c’est un mode de fonctionnement que j’ai adopté très tôt dans mon enfance.

Aujourd’hui, je suis consciente de mes mécanismes de fonctionnement; alors j’ai appris à demander avant que le trop-plein soit là, avant de ressentir l’épuisement, avant que le corps m’arrête, avant de tourner le problème mille fois dans ma tête.

Avec le temps, j’ai compris que demander de l’aide ne signifie pas nécessairement : « Sauve-moi. »

Cela peut simplement vouloir dire : « Je n’ai pas envie de traverser cela seule. »

Et cette nuance change beaucoup de choses.

 

Se faire accompagner ne signifie pas remettre son pouvoir dans les mains de quelqu’un

C’est une dimension essentielle dans ma manière d’accompagner aujourd’hui les personnes sensibles, hypersensibles ou atypiques.

Je les accompagne à revenir à elles en douceur et à réapprendre à écouter ce qui est déjà là, pour ressentir ce qui est bon et juste pour elles.

Mon parcours d’infirmière, mon propre cheminement personnel et les différents outils que j’utilise aujourd’hui m’ont amenée vers version plus horizontale de la thérapie.

Pour moi, accompagner une personne, ce n’est pas lui donner les réponses, mais c’est l’accompagner à trouver les réponses en elle.

C’est permettre de créer un espace où cette personne peut enfin ralentir suffisamment pour écouter ce qui est en elle, mettre des mots, comprendre certains fonctionnements, faire des liens, accueillir ce qui est là, identifier des blessures, retrouver de la clarté; et parfois simplement pouvoir dire : « Là, c’est difficile. » sans avoir besoin de minimiser.

 

Et si être fort(e) c’était aussi de se laisser soutenir ?

Je continue d’aimer ma force et je ne cherche pas à devenir moins autonome, moins déterminée ou moins capable de traverser les difficultés, mais j’apprends que ma force n’a pas besoin d’être permanente.

Je peux être forte et avoir besoin des autres. Je peux accompagner et avoir besoin d’être accompagnée.

Je peux avoir compris beaucoup de choses sur mon fonctionnement et traverser malgré tout des périodes où je n’y vois plus clair. Je peux rester autonome sans être seule.

Peut-être que grandir, ce n’est pas apprendre à tout traverser seule mais c’est aussi apprendre à reconnaître les moments où nous n’avons besoin des autres pour avancer avec douceur.

Alors si vous êtes souvent celle ou celui qui tient, j’aimerais vous laisser avec cette question :

À quel moment vous autorisez vous à demander de l’aide ?

Quand ça commence à être difficile ? ou seulement quand vous n’en pouvez vraiment plus ?

 

🎙️ Pour aller plus loin : Le Fil de Floriane

Dans l’épisode « Pourquoi les personnes les plus fortes demandent-elles de l’aide trop tard ? », je parle justement de cette difficulté à demander du soutien lorsque nous avons appris à être autonomes, solides et à tenir.

J’y partage cette réflexion à travers mon propre vécu et l’observation des personnes sensibles que j’accompagne au quotidien.

👉 Écouter l’épisode du podcast 

Vous pouvez également écouter : « Quand le corps commence à parler à ta place », sur ces moments où nous continuons à tenir alors que notre corps nous envoie déjà des signaux.

👉 Écouter l’épisode « Quand le corps commence à parler à ta place »

 

Et si vous n’attendiez pas d’être au bout ?

J’accompagne aujourd’hui des femmes et des hommes sensibles qui traversent une période de questionnement, de doutes, de changements ou de trop-plein.

Il n’est pas nécessaire d’aller « suffisamment mal » pour se faire accompagner.

Parfois, ressentir que quelque chose ne nous convient plus est déjà une raison suffisante pour s’arrêter et regarder ce qui se passe.

Basée à Toulouse, mes accompagnements individuels se font à distance en visio, ils sont construits à partir de vous, de ce que vous traversez et de ce dont vous avez besoin aujourd’hui.

👉 Découvrir mon accompagnement personnalisé
Accompagnement émotionnel & connaissance de soi | Floriane

 

🎙️ Retrouvez tous les épisodes de mon podcast  ici : Floriane DESPIS : Numérologue Hypersensible – YouTube

Peut-être que votre sensibilité n’attend pas d’être apaisée, mais simplement d’être écoutée.


Floriane 🌻

𝑹𝒆𝒗𝒆𝒏𝒊𝒓 𝒂̀ 𝒔𝒐𝒊, 𝒆𝒏 𝒅𝒐𝒖𝒄𝒆𝒖𝒓

 

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